«Les eaux profondes sont les eaux lourdes qui peuvent mener jusqu’à la mort et qui marquent notre inconscient pour la vie». Gaston Bachelard, L’eau et les Rêves.
En 2024, dans le cadre d’une résidence-mission dans la Somme mandatée par Diaphane, pôle photographique des Hauts-de-France et la Communauté de communes du Pays du Coquelicot, j’ai poursuivi mon travail photographique sur la notion d’ancrage à un territoire et sur les liens au(x) vivant(s).
Souhaitant bousculer ma pratique photographique, j’ai décidé d’impliquer davantage mes sens. Il y eut des rencontres, des gens généreux et merveilleux ; le vert tendre du printemps, l’eau et les marais.
J’y ai croisé l’étrangeté de la matière, la sensualité des formes et le surgissement des corps. Cette vision haptique – relevant du toucher plus que de la vue, m’a permis de donner à voir la vie entre l’ombre et la lumière, la destruction et le renouveau. La série Les eaux profondes est un conte rural, pointant la fragilité de l’existence et une certaine fascination pour les choses du vivant.